Quarantäne

Illustration représentant un groupe de skieurs colorés sur le fond blanc du paysage enneigé

L’attention aux mots

Comme j’ai appris le français à l’âge adulte, parler, lire et écrire dans cette langue que j’aime tant est encore et sans doute pour toujours lié à un effort.

Mais je ne suis pas dupe : parler, lire et écrire dans ma langue d’origine, l’allemand , que j’aime tout autant, me demande également un effort, même s’il est différent.

Je connaissais l’expression confiner à la bêtise mais le terme de confinement ne m’était pas familier. Je l’ai découvert avec la situation qui est la nôtre actuellement et que l’on nomme donc ainsi en France.

Cela sonne assez bien, assez ‘chic’ et en même temps assez quotidien…

Depuis le début du confinement je me demande pourquoi, en France, on appelle cela confinement alors que dans les pays de langue allemande, on emploie le terme d’origine française Quarantäne ( accent tonique sur le ä ). En allemand, les mots d’origine française sont souvent bienvenus et agréables à l’oreille. 

Le recours à une autre langue, n’est-ce pas bien souvent pour prendre de la distance ?

Et je me suis demandée, si on avait dit quarantaine en France, y aurions-nous entendu quarante et cela nous aurait-il affolés ?

Ce n’est pas le cas pour les germanophones : ce mot d’origine étrangère et par là même mis en relief désigne simplement cette situation particulière dans laquelle nous nous trouvons.

Je me rappelle si bien des circonstances exactes dans lesquelles j’ai appris ce mot, peut-être  bien mon premier mot français.

J’étais encore enfant. Mes parents  avaient passé des vacances de ski dans une station valaisanne où une épidémie de typhus s’était déclarée peu après leur retour en Autriche et il était question qu’ils soient mis en quarantaine. Mais comme ils ne m’ont rien dit, j’ai appris cette réalité en écoutant ma mère parler au téléphone. “Quarantäne”. Je soupçonnais quelque chose de très grave; j’étais effrayée.

Nous qui méditons savons que le cœur de la méditation, c’est l’attention.

L’attention est aussi écoute. Prêtons l’oreille aux mots !

Elisabeth Larivière

Paris

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